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Francis Bacon > Guggenheim Bilbao

Au Guggenheim Bilbao. > Jusqu’au 8 janvier 2017.

Le Musée Guggenheim Bilbao présente Francis Bacon : de Picasso à Vélasquez, une exposition de près de 80 toiles qui réunit quelques-unes des peintures les plus marquantes et les moins connues de l’artiste britannique né en Irlande, en regard de l’œuvre de grands maîtres français et espagnols qui ont eu un grand ascendant sur sa carrière. Transgresseur dans sa vie et dans son œuvre, Bacon a franchi plusieurs frontières jusqu’alors difficiles à briser et situé l’être humain face à un miroir où il peut se contempler dans toute sa crudité et sa violence.

  • Portrait de Francis Bacon, retrouvé dans son atelier.

BACON ET LA FRANCE

Francis Bacon était un francophile fervent. Avide consommateur de littérature française classique (Racine, Balzac, Baudelaire et Proust) et passionné par l’art de Picasso et de Van Gogh, installés en France, et de peintres qui les ont précédés comme Degas, Manet, Gauguin, Seurat et Matisse, Bacon a beaucoup fréquenté la France et la principauté de Monaco, où il a résidé. Adolescent, il découvre près de Chantilly Le massacre des innocents (1628–1629) de Nicolas Poussin et en 1927 il vit comme une révélation sa rencontre avec l’œuvre de Picasso, à l’occasion de l’exposition Cent dessins par Picasso à la galerie parisienne Paul Rosenberg. De fait, cette exposition le pousse à se lancer dans la peinture. En 1946, il quitte Londres pour Monaco, où il vit trois années cruciales pour sa carrière et où il reviendra régulièrement jusqu’en 1990. Bacon a toujours considéré sa rétrospective de 1971 au Grand Palais de Paris comme le sommet de sa carrière, bien qu’elle ait coïncidé avec l’un des moments les plus tragiques de sa vie, la mort de son compagnon, et qu’il ait déjà fait l’objet à l’époque d’importantes rétrospectives à Londres. De plus, au fil de sa carrière, il a renforcé ses liens avec la capitale française, comme l’attestent les portraits de ses amis parisiens et le fait qu’il ait conservé un atelier dans le Marais jusqu’en 1985.

BACON ET LA CULTURE ESPAGNOLE

En ce qui concerne l’influence de la culture espagnole sur Bacon, au-delà du premier contact avec l’œuvre du Picasso des années 20 et 30, elle est évidente dans son obsession pour le portrait du Pape Innocent X peint par Vélasquez en 1650, qui lui a servi d’inspiration pour plus de cinquante tableaux. Curieusement, Bacon n’a jamais vu cette toile de Vélasquez qui se trouve à la Galerie Doria Pamphilj de Rome, bien qu’il ait eu la possibilité de le faire pendant sa visite dans la capitale italienne en 1954, préférant garder en mémoire les reproductions au lieu du tableau original. Outre Vélasquez, d’autres classiques de la peinture espagnole l’ont fasciné, comme Zurbarán, Le Gréco ou Goya, dont il a longuement admiré le travail au Prado, un musée qu’il a demandé à visiter seul quelques années avant sa mort, après avoir vu la rétrospective organisée en 1990 sur l’œuvre de Vélasquez. Francis Bacon est décédé au cours d’une brève visite à Madrid en 1992, et bien qu’il n’ait jamais eu de résidence stable en Espagne, nous savons qu’il a effectué quelques longs séjours à Málaga et des visites à Séville, Utrera ou Madrid.

PARCOURS DE L’EXPOSITION

Salle 205 > Picasso, la porte de l’art

« Picasso a ouvert la porte à tous ces nouveaux systèmes. Moi, j’ai essayé de glisser mon pied dans cette porte ouverte pour qu’elle ne se referme pas. Picasso appartient à cette lignée de génies dont font partie Rembrandt, Michel-Ange, Van Gogh et, surtout, Vélasquez ». Toutes les citations sont de Francis Bacon.

Né dans une famille aisée installée dans l’Irlande rurale et turbulente du début du XXe siècle, Francis Bacon se heurte, à seulement dix-sept ans, à l’œuvre de Picasso à la galerie parisienne Paul Rosenberg. Cette rencontre, comme l’a déclaré le propre artiste, déclenche son envie de se consacrer à l’art et marque ses premiers travaux comme Composition (Figure) (1933), une claire référence à l’œuvre des années 20 de l’artiste de Malaga, et notamment à les œuvres des cabines, dans lesquelles apparaissent des baigneuses difformes portant une clé, un objet qui intéressait Picasso et fascinait aussi Bacon. Partant d’une ignorance totale de la technique picturale, Bacon se plonge dans le monde de l’art et assimile rapidement ce que d’autres créateurs proches de lui, comme Roy de Maistre, peuvent lui apporter. Les rares toiles de cette époque qui ont survécu – la plupart ne satisfaisaient pas l’artiste, qui les a détruites – attestent l’influence précoce du Cubisme analytique et synthétique, ainsi que du surréalisme biomorphe de Picasso, qui va déboucher sur le développement de son propre langage. Ce vocabulaire est détecté pour la première fois en 1933, quand le critique Herbert Read reproduit à un emplacement privilégié l’œuvre Crucifixion (1933) de Bacon, en regard avec Baigneur (1929) de Picasso dans la publication Art Now : An Introduction to the Theory of Modern Painting and Sculpture. Mais cette marque de considération au début de sa carrière, alors qu’il est très jeune, n’est pas suivie d’autres au cours des années suivantes.

Salle 206 > Cages humaines

« Je réduis l’échelle de la toile en peignant dans ces rectangles qui concentrent l’image. C’est tout dimplement pour mieux la voir ».

Après la Deuxième Guerre mondiale, à laquelle Bacon participe dans la défense civile en raison de son asthme chronique, son travail retient à nouveau l’attention du public et de la critique, mais aussi celle de la galeriste Erica Brausen, qui l’expose dans plusieurs pays européens. Ainsi, le Musée d’Art Moderne de New York achète à Brausen sa première œuvre de Bacon en 1948. Pendant cette période, l’artiste renouvelle son univers d’images, conçu à partir de la littérature, du cinéma, de l’art et de sa propre vie, en adoptant un langage absolument singulier qui reflète la vulnérabilité humaine avec une grande crudité. Les personnages, dont l’aspect hésite entre l’humain et l’animal comme dans certaines photographies d’Eadweard Muybridge, commencent à être enfermés et emprisonnés dans des cages ou des cubes. Bacon utilise ce recours pour centrer le regard de l’observateur sur les figures, brouillées et difformes, réduites à des traits de couleur grisâtres et bleutés qui rappellent le Gréco et les dessins d’Alberto Giacometti, que Bacon jugeait supérieurs à ses sculptures. De même, il rend aussi hommage à cette époque à van Gogh, qu’il évoque au moyen de grands traits et d’une palette éblouissante qui contraste avec les figures sombres d’autres toiles. Bacon était fasciné par la façon dont Van Gogh s’écartait de la norme et de la réalité littérale en faveur de l’expression.

Salle 207 > Figures isolées

« Parce que je pense que c’est l’un des meilleurs portraits qui aient été faits, et parce qu’il m’obsède. J’achète des tas de livres avec cette illustration du Pape de Vélasquez parce que tout simplement elle me hante et parce qu’elle éveille en moi toutes sortes de sentiments et aussi, je pourrais dire, des zones de l’imagination ».

Vers le milieu des années quarante, il découvre, par le biais de reproductions, le portrait du Pape Innocent X peint par Vélasquez en 1650, un tableau qui a obsédé non seulement Bacon, mais aussi d’autres peintres et écrivains anglais. La prédilection de Bacon pour cette toile s’est traduite, pendant plus de deux décennies, par la production de dizaines de tableaux dans lesquels l’image du pontife est transformée de mille façons. Dans certains, elle s’entremêle avec la souffrance qu’exprime le visage décomposé de la nourrice blessée qui apparaît hurlante dans Le cuirassé Potemkine, un film d’Eisenstein que Bacon a découvert à Berlin à l’âge de seize ans ; dans d’autres, la figure est cernée de grandes carcasses de d’animaux de boucherie, dans une claire allusion à l’artiste français d’origine biélorusse Chaïm Soutine ; et dans d’autres, l’image de Pie XII, pontife pendant la deuxième guerre mondiale, dont la relation diplomatique avec l’Allemagne nazie est encore motif de controverse, se superpose à celle d’Innocent X. Vélasquez représente le Pape en dehors de tout contexte pouvant aider à identifier sa hiérarchie, seul, de la même façon que le Christ sacrifié sur la croix. La crucifixion est un motif sur lequel Bacon revient sans cesse depuis le début de sa trajectoire, tout en le dépouillant de ses connotations religieuses et toujours avec l’intention de dévoiler le côté le plus sombre de la condition humaine. A l’instar des Papes, les Crucifixions font l’objet de transformations, de mutations de couleur, de format ou de composition, et s’intercalent avec d’autres références qui passionnent l’artiste, comme l’œuvre de Picasso ou l’Orestiade d’Eschyle.

Salle 203 > Ensemble, mais isolés

« Je crois qu’à partir du moment où apparaissent plusieurs personnages, tu entres automatiquement dans l’aspect narratif des relations entre eux. Ceci crée immédiatement une espèce d’histoire. Je garde toujours l’espoir de parvenir à faire un tableau avec un grand nombre de personnages sans une histoire ».

Dans cette salle nous pouvons contempler Portrait d’un nain (1975), une œuvre peu habituelle dans la production de Bacon. En éliminant les deux tiers de la toile originale, l’artiste isole ce personnage, qui, comme un voyeur, contemple une autre scène détachée de l’image originale. Bacon a transformé cette seconde scène en une autre œuvre, dans laquelle apparaît le propre peintre avec son amant, George Dyer, qui venait de décéder. Il se peut que le peintre ait mutilé la toile initiale, dans laquelle l’homme contemple le couple, pour éliminer son caractère narratif. Dans la figure qui règne solitaire sur ce tableau est évidente la référence à l’œuvre de Vélasquez. Par ailleurs, nous pouvons contempler ici le portrait de Sebastián de Morra par Vélasquez, un personnage qu’il présente également dépouillé de tout contexte et dont la riche tenue évoque sa position au sein de la maison d’Autriche. Il côtoie La Bomba (1863) de John Phillip, un peintre écossais parti vivre dans le Sud de l’Espagne pour des raisons de santé au milieu du 19e siècle. Profondément marqué par son séjour, il a été surnommé Spanish Phillip, en raison de l’influence de maîtres comme Vélasquez ou Murillo sur son œuvre. La Bomba, dont le titre fait allusion au local où se déroule une scène de genre, peut-être située à Grenade, est présenté à Londres, où il connaît un grand succès et va inspirer de nombreux artistes britanniques de l’époque. Les personnages de cette toile sont pris dans une interaction cordiale, à la différence des figures de Bacon qui semblent uniquement vouées à lutter entre elle ou à avoir des relations sexuelles,comme par exemple dans le grand triptyque qui occupe le centre de cette salle, Trois études de personnages couchés sur un lit (1972). Les trois panneaux du triptyque présentent, sur un fond commun, une même scène, dont les éléments ont subi quelques légères variations dans chaque cas. Ce format en trois parties, auquel Bacon a eu recours en 33 occasions tout le long de trois décennies, permet à l’artiste de montrer des images volontairement fragmentées, disposées dans des cadres séparés. Outre qu’il a recours au triptyque, Bacon introduit ce concept de la composition en trois scènes dans des tableaux constitués d’une seule toile, comme Études du corps humain (1975).

Salle 202 > La force d’un portrait

« Bien sûr, on introduit des choses comme des oreilles et des yeux. Mais j’aimerais les introduire de la façon la plus irrationnelle possible, et l’unique raison de cette irrationalité est que, si elle affleure, elle apporte la force de l’image avec une intensité bien plus forte que si on se limite à s’assoir et à représenter l’apparence… ».

En 1951 Bacon peint son premier portrait d’une personnalité connue, le peintre britannique Lucian Freud, qu’il représente debout, appuyé sur un seuil. Des années durant, il a peint des amis et des personnes qu’il admirait, comme le propre Freud, Michel Leiris, Henrietta Moraes, Jacques Dupin, George Dyer, John Edwards, Reinhard Hassert et Eddy Batache et beaucoup d’autres. Mais rares sont les portraits issus d’une commande, car Bacon choisissait presque toujours les sujets de ses tableaux, qu’il peignait essentiellement à partir de photos envoyées par eux. Ces tableaux comportent souvent un fond bleuté, qui correspond peut-être à la couleur de son atelier où ont été prises quelques-unes des photos ; parfois aussi, le fond est noir et évoque l’art des grands maîtres espagnols, et quelques œuvres enfin utilisent d’autres tons, comme l’orange cadmium, destiné aux plus grands formats. Bacon n’essaie pas seulement de reproduire l’apparence physique des personnages mais s’efforce aussi de transmettre la relation qui le relie à eux et comment ce lien l’affecte ; il ne s’agit pas d’un portrait psychologique, mais d’une représentation des relations humaines. Dans ses peintures, Bacon déforme le modèle dans le but de le rendre plus réel que s’il le représentait de façon plus naturaliste. De ses deux portraits de Leiris, Bacon estime que le plus réaliste est celui qui s’éloigne le plus de la littéralité. Dans les années soixante-dix, en raison du manque de modèles pour ses œuvres, il commence à peindre un grand nombre d’autoportraits ; entre 1971 et 1979 il en a peint 29 au total, quinze d’entre eux individuels et de petit format. C’est au cours de cette étape que Bacon connaît une grande reconnaissance internationale. En 1971, il devient le premier artiste vivant, après Picasso, qui entre au Grand Palais de Paris pour une rétrospective et, en 1988, il est le premier artiste occidental auquel est consacrée une exposition en Union Soviétique.

Salle 204 > Tauromachie

« Série basée sur ce célèbre poème de Lorca dans lequel le vers A cinq heures de l’après-midi est repris plusieurs fois. Un beau et long poème sur un ami torero qui meurt. Je n’ai pas vu de corrida pendant longtemps.  Je crois en avoir vu trois ou quatre dans ma vie. Mais quand tu en vois une, elle reste gravée dans ta mémoire pour toujours ».

Dans de nombreux entretiens, Bacon a exprimé son intérêt pour les corridas et son admiration pour Francisco de Goya. Ainsi, il sélectionne le portrait d’Andrés del Peral par le maître espagnol pour une exposition qu’il organise avec des fonds de la National Gallery de Londres en 1985. Goya a réalisé cinquante esquisses à la craie rouge pour sa Tauromachie, pour laquelle il a eu recours à la gravure à l’eau-forte, à l’aquatinte, à la pointe sèche et au burin. Bien que le thème central de cette série soit l’évolution des corridas, le positionnement de Goya par rapport à ce sujet a suscité récemment un intéressant débat chez les historiens d’art.

Salle 208 > L’essence vitale

« C’est le privilège de l’artiste, être intemporel. La passion te maintient jeune, et la passion et la liberté sont tellement séduisantes ! Quand je peins, je n’ai pas d’âge. Je ne ressens que le plaisir ou la difficulté de peindre ».

À la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, Bacon, maintenant septuagénaire, réintroduit dans son œuvre des motifs comme le taureau et des genres comme le paysage, qui jusqu’ici était resté secondaire dans sa production. Rares sont les paysages antérieurs à 1978, la plupart remontant aux années 1940 et 1950, et une présence humaine ou animale s’y manifeste souvent. Lors de la dernière étape de sa carrière, son œuvre se simplifie ; les éléments du paysage sont isolés de leur contexte et restent confinés aux limites que l’artiste définit. De cette façon, Bacon traite le paysage comme la figure humaine ; ainsi, il « s’empare » de la vague qui apparaît dans Peinture mars (1985) ou de La route de Scène de rue (avec voiture dans la distance), datée 1984. Les portraits de cette dernière étape sont de plus en plus sobres. Le peintre en vient à éliminer des éléments déjà présents dans le but de brouiller les références visuelles de la composition et de diriger l’attention vers la figure principale. Certaines de ses œuvres ont été peintes avec de la peinture en aérosol, ce qui a permis à Bacon de créer des textures jusqu’alors inédites dans son travail. Ces toiles se divisent entre celles réalisées avec des couleurs énergiques et celles dominées par les tons gris et éteints. Le taureau réapparaît au cours de cette dernière époque. Allusion directe aux corridas, son iconographie renvoie à des artistes comme Goya et Picasso, mais aussi au poète Federico García Lorca et à l’écrivain Michel Leiris. Francis Bacon est mort à Madrid en 1992, à faible distance du Prado, la pinacothèque où se trouvaient nombre des grands maîtres qu’il admirait et à laquelle il était venu pour la dernière fois en 1991 pour contempler l’œuvre de Vélasquez.

 

NOTRE AVIS

Après Monaco, Bilbao

Précisons d’abord que cette exposition ibérique est en quelque sorte, le prolongement de l’exposition Francis Bacon – Monaco et la culture française, présentée, cet été 2016, au Grimaldi Forum de Monaco. Près de 80 % des tableaux présentés à Bilbao étaient déjà dans l’exposition monégasque et que Martin Harrison, grand ordonnateur du catalogue raisonné de Francis Bacon, aura été le commissaire des deux expositions. Dans l’exposition monégasque, des rapprochements avaient été faits, entre autres, avec Pierre Bonnard, Marie Laurencin, Henri Michaux, Alberto Giacometti et déjà Pablo Picasso qu’on retrouve dans l’exposition ibérique, mais cette fois avec une focalisation, entre autres, sur Francisco de Zurbarán, El Greco, Joan Miró et surtout sur Diego Vélasquez pour un emblématique « combat » autour du Pape Innocent XIII. L’une des caractéristiques du Guggenheim Bilbao est de présenter les grandes expositions sur deux niveaux, ce qui rend la monstration plus délicate et peut atténuer l’impact général. C’est d’ailleurs Francis Bacon qui est le grand vainqueur de cette disposition particulière, d’autant plus que Martin Harrison n’a pas recherché la confrontation pure et dure entre les œuvres de de siècles différents. L’exposition proprement dite est complétée par un espace didactique consacré à Francis Bacon. Il a été installé dans le couloir et dans la galerie 201, présente une série d’éléments en rapport avec l’artiste et regroupés sous l’expression Énergie débordante, dont une expérience en 3D, produite pour l’occasion, qui permet de visiter de façon virtuelle l’atelier londonien de l’artiste à Reece Mews. Très spectaculaire. Jean-Pierre Frimbois

 

Francis Bacon. De Picasso à Vélasquez.

Exposition temporaire jusqu’au 8 janvier 2017. Guggenheim Bilbao, Abandoibarra Et. 2, 48001 Bilbao, Espagne. Ouverture du mardi au dimanche et de 10 h à 20 h. Entrée : 13 €. Tél. : (34) 944 35 90 00. Site Web : www.guggenheim-bilbao.es

 

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