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Maurizio Cattelan. Not Afraid of Love. Monnaie de Paris. Jusqu'au 8 janvier 2017.

Dans la lignée d’un projet artistique tel que la Chocolate Factory de Paul McCarthy,
la Monnaie de Paris accueille, jusqu’au début de l’année 2017, Maurizio Cattelan.
Pour une monstration interpellante intitulée
Not Afraid of Love.

Sous le commissariat de Chiara Parisi, Not Afraid of Love, marque le grand retour de Maurizio Cattelan à la Monnaie de Paris. Les oeuvres choisies pour son nouveau projet à la Monnaie de Paris sont considérées par Cattelan lui-même comme les plus importantes et emblématiques de sa carrière. Dans Not Afraid of Love, nous découvrons, pour la première fois, une vision personnelle de son parcours, une articulation et une mise en dialogue de ses oeuvres majeures. Ou comment créer quelque chose de nouveau avec ses oeuvres anciennes, montrer leur caractère vivant, leur capacité à toujours générer une surprise et une fascination. Portraits irrévérencieux, caricatures surprenantes ou parfois ludiques, L’éclat de rire peut se transformer si vite en rictus. Ses oeuvres se veulent, selon ses termes, un hymne à l’être, à sa fragilité, à ses contradictions, à ses paradoxes, à ses aspects les plus créatifs et à ceux les plus destructeurs ».

  • Sans titre, 2007

LE PARCOURS DE L’EXPOSITION

Dès l’entrée de l’exposition par l’escalier d’honneur, le visiteur se retrouve au cœur de l’exposition. Entre lévitation et potence, en suspension : La Donna (2007), et Novecento (1997). Du haut, un avatar de l’artiste, Mini-Me (1999), vient observer la scène. Assis au bord du vide dans le salon d’honneur. Tamburino (2003), et ses percussions appellent le visiteur à entrer et découvrir La Nona Ora (1999). La figure du pape Jean-Paul II, porteur de la croix, face au poids du monde se retrouve foudroyé par une météorite, force naturelle et absurde tombée du ciel. Dans l’enfilade des salons. l’œil du spectateur vient se focaliser sur une silhouette agenouillée face à un mur, celui de la dernière salle. Ce n’est qu’au terme de son parcours dans les salons du bord de Seine que le visiteur s’approche de l’œuvre Him (2001). Vu de dos, on croit voir un enfant en train de se recueillir. Mais quand on s’en approche, on va découvrir qu’il s’agit d’Adolf Hitler. Ce qui a fait dire à Maurizio Cattelan : « L’art ne provient pas tant de l’inspiration que des obsessions et craintes auxquelles nous sommes confrontées chaque jour ». Dans les salons du bord de Seine, deux chiens montent la garde et surveillent un poussin (Sans titre, 2007). Voici aussi la surprenante tête jaillissant du sol (Sans titre, 2001). Vous vous attarderez aussi sur Charlie don’t surf (1997), ou Sans titre (2000), représentant un petit pantin aux traits de Cattelan, pieds et bras ballants, l’air déconfit et accroché sur un mur. « Autobiographie sculptée » avec We (2010). le double autoportrait de l’artiste ou avec l’enfant (Sans titre, 2004) qui est toujours vivant comme dans le Pinocchio de Collodi. Vous vous attarderez aussi sur All (2007), neuf gisants sculptés dans du marbre de Carrare jonchant le sol entier de la salle engagent une réflexion sur la mort qui convoque autant l’histoire de l’art, renvoyant aux gisants royaux de nos églises gothiques. Voulu comme un point d’orgue de l’épreuve de la compassion du visiteur, Gérard (1999), se cachant sous une couverture. Au­dessus, le dominant majestueusement, un peu comme un trophée de chasse inversé, Sans titre (2007), cheval dont la tête enfouie. Surréaliste.

Sans titre, 2001

Sans titre, 2001

NOTRE AVIS

Il faut d’abord avoir en tête ce qu’a dit Maurizio Cattelan : « Je pense que le rire et la mort sont étroitement liés : la comédie est la réaction humaine par excellence à la peur de la mort. C’est probablement lié au fait que nous sommes les seuls animaux qui savons que nous devons mourir. Not Afraid of Love est une contradiction dans les termes : l’amour pourrait être la solution de tous les problèmes dans le monde, mais il n’y a pas d’amour dans l’exposition. Le manque d’amour, ou la quête d’amour est ce qui meut chaque créature. et la cause de toutes les guerres. Probablement. Ce qui est intéressant, c’est la manière dont on regarde les œuvres, le pouvoir qu’on leur donne. Not Afraid of Love est une contradiction dans les termes: l’amour pourrait être la solution de tous les problèmes dans le monde mais il n’y a pas d’amour dans l’exposition. Le manque d’amour, ou la quête d’amour. est ce qui meut chaque créature. et la cause de toutes les guerres, probablement ». Ne vous attendez pas à une exposition luxuriante, chaque œuvre proposée est un monde en soi. Il vous faudra décrypter, par la contemplation des pièces, des thèmes philosophiques sur des notions comme comme la cruxificion, la pendaison, la disparition visuelle, la prière, le retour à l’enfance. Mais, souvent, avec une pointe d’humour, une autre notion chère à Maurizio Cattelan. Chaque pièce est comme isolée, accentuant ainsi la charge de l’oeuvre, comme pour La Nona Ora. Le pape Jean-Paul II a été frappé par un météorite et git au sol. Mais, il semble devenu immortel. Que faut-il en penser ? D’un seul coup, un son de tambourin interrompt votre pensée. On lève la tête pour savoir d’où cela vient. On distingue alors, très haut dans les cimaises, un petit automate qui ressemble à Maurizio Cattelan enfant. Comme pour nous rappeler à la raison. Ou à la déraison ? That is the question.

Maurizio Cattelan. Not Afraid of Love.
Exposition temporaire jusqu’au 8 janvier 2017. La Monnaie de Paris, 11, quai de Conti, 75006 Paris. Ouvert tous les jours de 11h à 19h (le jeudi jusqu’à 22h). Entrée : 14 €. Tél. : 01 40 46 56 66 . Site Web : www.monnaiedeparis.fr

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