Performance de Pistoletto à la galerie VNH / Paris

Pistoletto > Glace brisée

Pour l’inauguration de sa nouvelle exposition à la galerie VNH de Paris, l'artiste italien Michelangelo Pistoletto s’est livré à une performance spectaculaire. Voici la vidéo.

Par le biais d’un parcours thématique reprenant trois des grands terrains d’investigation de l’artiste : l’art, l’éducation et la politique, l’exposition déploie une scénographie présentant une sélection de travaux historiques en parallèle d’œuvres récentes ou inédites, certaines ayant été spécialement produites pour l’exposition. Dès l’entrée de la galerie, des centaines d’occurrences du mot RESPECT, écrit dans de très nombreuses langues, forment un grand « 3ème Paradis », signe symbole de l’œuvre de Pistoletto, reliant les temps révolus de l’Eden et notre modernité. Pour l’artiste, au centre du « 3ème Paradis » réside le lieu d’un futur possible, assimilable à une matrice génératrice d’une nouvelle humanité, contrepoint d’une tension planétaire entre nature et artifice, à même d’unir le monde en un même désir de rédemption. L’exposition se déploie ensuite grâce à un parcours unissant œuvres historiques et créations récentes. Sous la verrière de 200m2, se déploie une série de 23 miroirs activée lors de la performance participative qui s’est déroulée le 20 octobre 2016 et durant laquelle l’artiste, ainsi que des personnes choisies au hasard parmi le public, ont pu faire usage de l’imposant marteau de bois afin de révéler le message présent derrière chaque surface réléchissante. Brisés, les miroirs laissent apparaitre le mot RESPECT décliné dans 23 langues.

 L’utilisation du miroir dans la pratique artistique

Trois œuvres emblématiques des premières recherches de Michelangelo Pistoletto – Il présente – Autoritratto in camicia (1961), Uomo sul sofà (1958), Autoritratto su fondo argento (1960) – illustrent les expérimentations fondatrices qu’a pu mener l’artiste à l’aube des années 60 en « espérant voir se passer quelque chose ». Sur ces bases, l’utilisation du miroir se développe alors dans la pratique artistique de Pistoletto avant de devenir progressivement son matériau de prédilection auquel il continue de faire appel dans ses œuvres les plus récentes : Black & White (2012), Louvre (Ragazza)  (2013), Color and light  (2016). Pour Pistoletto, ces miroirs sont tout à la fois le reflet de tangibles réalités issues de furtives contemplations et des vecteurs d’inexploré et de renouveau. Ils se révèlent alors créateurs d’infini, représentants de tout ce qui existe, sans limite aucune. L’artiste fige en eux la mémoire d’un instant vécu, perdu dans le défilé des instants. Brisés lors de la performance, ces miroirs sur les murs de la galerie, révèlent, une dernière fois, des inscriptions éponymes du titre de l’exposition tout en multipliant symboliquement les champs de réflexion auxquels le spectateur fait face. Témoignant de la réflexion de l’artiste sur la condition humaine, ces miroirs brisés renvoient également à la réflexion politique qu’il mène au sein de la Cittadellarte, la fondation qu’il a créée dans sa ville natale de Biella, près de Milan. Dans ce lieu sont étudiées les multiples activités humaines en vue d’y opérer des changements responsables par l’art. Dans l’exposition, deux œuvres – La Conferenza  (1975) et Raggi di persone  (1975) – illustrent plus particulièrement cette dimension politique dans la démarche de Michelangelo Pistoletto, la première dresse un constat intemporel des dérives de systèmes politiques qui entravent et privent les individus de l’espace nécessaire à leur libre épanouissement, la seconde témoigne, à l’inverse, d’une attitude démocratique « qui s’exprime par la volonté exercée par chacun de comprendre et d’être compris ».

 

Site Web de la galerie VNH : www.vnhgallery.com

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