Cy Twombly > Sous le signe d’Apollon et de Dionysos

 

Microsoft Word - divers.docxCY TWOMBLY
SOUS LE SIGNE D’APPOLON
ET DE DIONYSOS

> Par Dominique Baqué
Editions du Regard
240 pages / 200 illustrations / 46 €

SOUS LE SIGNE AUSSI DE L’EXIL
Figure majeure quoique totalement singulière de l’art américain, Cy Twombly est ce peintre qui a choisi le dessaisissement et l’exil en terre marocaine puis italienne, contre la prédominance de l’expressionnisme à la Pollock, mais aussi et surtout contre la critique et la culture américaines. Féru de littérature gréco-latine, de poésie et de mythes, Twombly est un artiste raffiné et hédoniste, dont l’œuvre est traversée par de multiples références à Platon, Virgile et Ovide, mais aussi à ces mythes fondateurs que sont Orphée, Narcisse, Léda et le cygne, la naissance de Vénus, mais encore à la poésie romantique de Keats et à celle de Rilke. Des toiles blanches aux sombres « tourbillons » , des « gribouillis » à l’expansion chromatique des dernières peintures, sans oublier la sculpture et la photographie qui accompagnent son parcours, Twombly a incarné une oeuvre à la fois épurée et sensuelle, placée sous le double signe grec et nietzschéen d’Apollon et de Dionysos. L’érotisme irrigue un corpus qui chante l’existence et la chair , depuis les trois « Fuck » adressés rageusement à la critique américaine et les représentations phalliques qui scandent toiles et dessins jusqu’à l’épanouissement poignant des roses. Les ultimes peintures.

www.artactuel.paris > NOTRE AVIS
Le monde de l’art américain n’aime pas beaucoup ses artistes qui décident de s’installer dans d’autres pays pour travailler dans des conditions qui leur plaisent. Le prix à payer est alors  d’être moins médiatique dans un premier temps qui peut être long. Ce fut aussi le cas d’un Paul Jenkins, par exemple, qui, lui, avait choisi la France. Les choses finissent par changer à la mesure du temps qui passe. Cela fait maintenant une quinzaine d’années que Cy Twombly est revenu aux sommets, notamment par le soutien de François Pinault qui fut l’acquéreur de la série qui est le chef-d’oeuvre de Cy Twombly, Coronation of Sesostris. En France, la grande exposition du centre Pompidou de cette fin d’année va ponctuer tout un ensemble de rétrospectives dans les plus grand musées mondiaux. Pour ce nouveau livre consacré à Cy Twombly, Dominique Baqué propose le cheminement suivant : d’abord, ce qu’elle appelle le tropisme méditerranéen,  puis un aparté sur la sculpture, avant de s’intéresser aux notions de blanc, de noir, du soleil et de la nuit dans ce qui est appelé polygraphies, graffitis, gribouillis, tremblements et tourbillons. Puis, Dominique Baqué va s’intéresser à ce qu’elle appelle les Dialogiques ou comment l’écriture de Cy Twombly se fait dessin  et comment ses dessins sont, à sa façon, une écriture. Avant de s’attarder sur l’érotisme dyonisiaque d’une certaine partie de l’opus de Cy Twombly. C’est, en fin, le temps des dernières oeuvres : notamment celui de la rose, symbole de l’éphémère. Avant de terminer sur la photographie. La grande qualité de ce livre est de rendre claire une oeuvre qui a souvent été qualifiée d’hermétique. Le temps qui passe était une des grandes obsessions de Cy Twombly. Dominique Baqué a su parfaitement capter cette notion et bien en rendre compte. Le fameux Tempus fugit…

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