Picasso et l’occultisme à Paris

 

Picasso_couvrure_1fevr.inddPICASSO ET L’OCCULTISME A PARIS
Aux origines des Demoiselles d’Avignon
> Par Marijo Ariëns-Volker
Marot Publishers
447 pages / 35 €

Au tournant des 19e et 20e siècles, l’intérêt pour l’occultisme dans les cercles artistiques parisiens allait croissant. Diverses recherches ont clairement montré que Picasso lui-même, peu de temps après son arrivée dans la capitale française, et sous l’influence de son cercle d’amis, s’est également plongé dans cette atmosphère. Les Demoiselles d’Avignon, un tableau de 1907, mais qui attendra dix ans avant d’être exposé, a fait l’objet au fil des années de recherches approfondies et de multiples spéculations. Qu’a
voulu représenter le jeune Picasso dans cette peinture aux allures grotesques ? Qu’a-t- il voulu exprimer? Et pourquoi a-t-il consacré autant d’esquisses et d’études à cette toile avant d’y mettre la dernière main ? Quelle est l’origine de son titre ? Et pourquoi Picasso a-t-il dissimulé cette toile aussi longtemps ? Autant de questions restées sans réponse. Picasso lui-même est toujours resté évasif sur le sens réel de cette œuvre maîtresse et ses quelques confidences plus tardives n’ont fait qu’épaissir le mystère. Même ses amis les plus proches, pourtant bien placés pour connaître le fond des choses,
ont gardé le silence. S’agit-il d’une scène de bordel ? Faut-il chercher l’explication dans une influence de la sculpture africaine? S’agit-il d’exorcisme? Après avoir passé en revue ces diverses pistes, Marijo Ariëns-Volker a préféré privilégier une tout autre approche. Sa conviction est que Picasso a acquis, avec l’aide de son premier cercle, une excellente connaissance de l’occultisme, parvenant à en saisir les multiples facettes, allant jusqu’à se laisser inspirer par l’alchimie, le tarot et 
la Kabbale. Cette approche permet à l’auteure, au terme d’une enquête qui nous entraîne au cœur des salons parisiens, d’échafauder une interprétation voulue résolument nouvelle des Demoiselles d’Avignon.

www.artactuel.paris > NOTRE AVIS
Marijo Ariëns-Volker est historienne d’art. Elle a obtenu son doctorat
à la Vrije Universiteit de Bruxelles avec sa thèse De wangen van de Macroposopus (Les joues du Macroposope). en examinant d’abord, ceux dont elle estime être des inspirateurs de Picasso à différents degrés : Alfred Jarry, Paul Gauguin, Guillaume Apollinaire, pour ne citer que ceux-ci. Puis elle va s’interroger sur ce qui est, pour elle, le mystère des Demoiselles d’Avignon. Elle cite aussi, par exemple, cet avis d’André Breton :  » C’est une oeuvre qui dépasse singulièrement pour moi la peinture, c’est le théâtre de tout ce qui se passe depuis cinquante ans, c’est le mur devant lequel sont passés Rimbaud, Lautréamont, Jarry, Apollinaire… Elle va ensuite établir tout un ensemble de  » liaisons  » de Picasso avec le spiritisme, Papus ou les rites maçonniques. Elle va, enfin, conclure que, selon son avis,  que cette série autour des Demoiselles d’Avignon (croquis et tableau final) est née des connaissances de Picasso du tarot, du Zohar, de la Kabbale et de l’alchimie. Mario Ariëns-Volker a franchi ce pas. C’est ce qui fait l’intérêt de ce livre qui, par ailleurs, nous propose de suivre tout un ensemble de portraits, de situations, de témoignages et de rapprochements sur ce qui était l’approche de l’ésotérisme au début du 20e siècle dans les milieux intellectuels et artistiques, plus particulièrement parisiens.

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