Bernard Buffet / MAMVP

 

couvbbmamvpBERNARD BUFFET
> Collectif
Paris Musées
240 pages / 59 €

Rappel de l’exposition. Parce que le Musée d’Art moderne est le seul musée public possédant une collection importante d’œuvres de l’artiste (entrée en 1953 par l’important legs Girardin et en 2012 par la donation Ida et Maurice Garnier), il était légitime de réaliser ce projet qui remonte aux premiers contacts pris avec son marchand historique Maurice Garnier (1920 – 2014), il y a près de dix ans, mais que la dimension restée longtemps polémique de l’œuvre de Bernard Buffet avait retardé. Aujourd’hui, avec la distance du temps, de nombreux artistes, professionnels et amateurs, reconsidèrent l’œuvre, ce qu’elle pouvait avoir de déroutant s’étant en partie atténué. En balayant l’ensemble de l’œuvre dans un parcours rétrospectif, mais très sélectif en raison de la grande productivité de l’artiste, le parcours, organisé selon une présentation chronologique, s’ouvre sur les débuts de Bernard Buffet, au moment où ses œuvres renouvellent le sens de tout un répertoire de formes et d’objets. Le contexte artistique de l’après-guerre, moment de débats autour de la question des réalismes, de la figuration et de l’abstraction, est évoqué. Il s’agit de révéler le peintre comme un artiste paradoxal, qui se réfère à la peinture d’histoire à une époque de la disparition du sujet, qui allie peinture austère et aisance financière, grand succès public et rejet du monde de l’art. Ainsi, à côté de ses thèmes de prédilection –autoportraits, natures mortes–, les différents sujets systématiquement exploités par Bernard Buffet au cours de ses expositions annuelles à la Galerie Garnier sont présentés : cycles religieux (La Passion du Christ), littéraires (L’Enfer de Dante, Vingt mille lieues sous les mers) ou allégoriques (Les Oiseaux, Les Folles). L’accent sest mis sur la réflexion constante de Bernard Buffet sur la peinture d’histoire (Horreur de la Guerre) et sur l’histoire de la peinture (Le Sommeil d’après Courbet), jusqu’à La Mort, spectaculaire dernière série se référant aux memento mori médiévaux.

www.artactuel.paris > NOTRE AVIS Ce catalogue est d’une grande importance, car, a lui tout seul, il peut faire pencher la balance d’un côté ou d’un autre, en ce qui concerne ce qu’on peut penser de l’oeuvre globale de Bernard Buffet. Les premières images montrées sont comme décalées : Bernard Buffet au miroir, le couple Buffet à un défilé de mode avec le couple Nixon, Bernard Buffet observant Yves Saint Laurent lors d’un cocktail. Ensuite, le catalogue suit scrupuleusement le parcours de cette abondante exposition, mettant en évidence la multiplicité de ses inspirations, son travail sur petit comme sur très grand format et un style pouvant passer de l’épure à l’exubérance,du personnel au mythologique. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas possible d’enfermer Bernard Buffet dans un seul moule. Nous avons nos préférences, notamment la période des années 60 (La Mer, Annabel, Le Museum, Les Ecorchés) et le tableau que nous préférons est celui qui ouvre l’exposition, La corrida (1967). Hommes et taureau comme immobilisés pour l’éternité. Parfaite illustration de cette citation de Bernard Buffet : « La peinture est chose violente, pas tranquille ». Dont acte.

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