Collection Pinault > Participation de trois de ses artistes à la Nuit Blanche 2017 !

Collection Pinault > Participation de trois de ses artistes à la Nuit Blanche 2017 !

 

1 > François Pinault et Tadao : © Fred Marigaux 2016. Courtesy Collection Pinault – Paris.
2 >Image de synthèse : la façade extérieure depuis le jardin des Halles.
© Artefactory Lab ; Tadao Ando Architect & Associates ; NeM / Niney & Marca Architectes ;
Agence Pierre-Antoine Gatier. Courtesy Collection Pinault – Paris.
3 > Sketch de Tadao Ando  : © Tadao Ando. Courtesy Collection Pinault – Paris.
4 > Coupe est-ouest  : © Artefactory Lab ; Tadao Ando Architect & Associates ;
NeM / Niney & Marca Architectes ; Agence Pierre-Antoine Gatier. Courtesy Collection Pinault – Paris.

Le discours de présentation de François Pinault

Le 27 avril dernier, j’annonçais avec Anne Hidalgo ma décision d’ouvrir un nouveau site de présentation de ma collection, à Paris, dans le magnifique édifice de la Bourse de Commerce. Bâtiment emblématique par son histoire qui remonte au XVI e siècle, par son architecture remarquable et par son emplacement unique, au cœur même de Paris, il nécessitait cepen – dant une restauration complète et une transformation d’ampleur pour être adapté à la fonction de musée d’art contemporain. Face à un tel défi, le choix de Tadao Ando s’est imposé comme une évidence. Tadao Ando est l’un des rares architectes à savoir concilier avec subtilité le dialogue entre l’architecture et son contexte, le passé et le présent, la radicalité et la discrétion, comme il l’a démontré avec brio à Venise où il a, tour à tour, restauré le Palazzo Grassi, réhabilité la Pointe de la Douane et recréé le Teatrino. Il s’est associé à une équipe de maîtrise d’œuvre, les jeunes architectes de l’agence NeM, Lucie Niney et Thibault Marca, mais aussi Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des Monuments historiques, et le groupe d’ingénierie Setec. Ce projet a obtenu l’avis favorable unanime de la Commission Nationale des Monuments historiques et celui de la Commission du Vieux Paris. En effet, Tadao Ando a conçu un projet radical tout en suivant scrupuleusement les repères architecturaux et historiques de l’édifice. Encore une fois, il démontre sa capacité à concilier le respect des traditions et les exigences de la modernité. L’extérieur du bâtiment et ses éléments classés —façades intérieures, verrières, peintures— seront restaurés dans le respect strict de leur état historique. L’intérieur sera entièrement repensé avec la création d’un élément architectural central, de forme circulaire, qui abrite un espace d’exposition ouvert sous la coupole et qui rythme la circulation depuis un auditorium, au sous-sol, jusqu’aux galeries d’expositions sur les trois niveaux de l’édifice. Le geste de Tadao Ando s’inscrit ainsi avec force dans la suite de ceux des grands architectes qui ont marqué l’histoire de ce lieu unique, de Nicolas Le Camus de Mézières à Henri Blondel en passant par Jacques Ignace Hittorff. À la faveur de l’installation de ce nouveau site de présenta tion de ma collection, une nouvelle étape est franchie dans la mise en œuvre de mon projet culturel. Celui-ci vise à partager ma passion pour l’art de mon temps avec le plus grand nombre. Il a vu le jour à Venise, il y a plus de dix ans, avec l’ouverture de Palazzo Grassi puis de la Pointe de la Douane. Ces deux espaces seront en relation constante avec le site parisien. Comme pour Venise, ma démarche relève d’un engagement personnel auquel j’ai souhaité associer les membres de ma famille, mes enfants, et en particulier François-Henri Pinault. Tous m’accompagnent dans cette aventure qui, je l’es -père, permettra à Paris de renforcer sa place unique sur la scène artistique internationale.

Les précisions de l’architecte Tadao Ando

L’Europe connaît actuellement de lourds bouleversements. Dans une atmosphère anxiogène, provoquée par des attentats réitérés ou par le Brexit, les États comme les individus semblent tâtonner pour retrouver leur identité. Défiant ces circonstances, François Pinault a décidé de lancer son nouveau musée à Paris, à la Bourse de Commerce. Ce projet, porteur d’espoir, fait écho au rayonnement de la France dans le domaine de la culture et de l’art dont les Français peuvent être fiers. Je me sens honoré d’y prendre part en tant qu’architecte. J’ai déjà participé à un autre projet important entrepris par François Pinault: Punta della Dogana, à Venise en Italie. Pour répondre à l’objectif, qui était de transformer l’ancienne douane en musée, j’ai proposé une architecture qui instaure un dialogue entre l’ancien et le nouveau. Un cube encastré au cœur du bâtiment en est le symbole, et fait office de galerie principale, de «cour centrale». L’édifice de la Bourse de Commerce est, lui aussi, un monument historique remarquable. En hommage à la mémoire de la ville gravée dans ses murs, j’ai créé un nouvel espace qui s’emboîte à l’intérieur de celui existant, pour revitaliser l’ensemble du volume qui sera dédié à l’art contemporain. Le thème est, là encore, l’architecture comme trait d’union entre le passé, le présent et le futur. La Bourse de Commerce dispose d’un plan circulaire et se distingue par une rotonde emblématique. Un cylindre en béton, de neuf mètres de haut et trente mètres de diamètre, y sera inséré afin de réorganiser les volumes. Ce geste donnera naissance à un espace d’exposition principal sous la coupole, doté d’une force centripète menant à un auditorium et à un foyer aménagés en sous-sol. Le cylindre contribue à créer une sorte de galerie-couloir entre son mur extérieur et le mur intérieur de la façade dessinée par Blondel. Ce nouvel espace, où s’insèrent les escaliers, desservira aussi bien les deux niveaux de salles d’exposition qui encerclent la rotonde que l’auditorium situé au sous-sol. Mon intention est de faire s’enchaîner avec force des séquences d’espaces très variés découlant de la combinaison de la rotonde et du cylindre. L’espace existant et le nouveau créent un lieu plein de vie, apte à porter
la bannière de la culture urbaine des générations à venir.


1/Clip vidéo >  La Bourse du Commerce accueillera en 2018 le projet de la Collection Pinault à Paris. Document Mairie de Paris.

 

2/Clip vidéo > Présentation du projet Collection Pinault. Document I Télé.

 

 

> La Collection Pinault & La Nuit Blanche

La Bourse de Commerce / Collection Pinault – Paris participe à Nuit Blanche 2017,
Samedi 7 octobre, avec un programme de trois installations et films d’artistes dans le quartier des Halles.

La Bourse de Commerce / Collection Pinault – Paris présentera les œuvres de trois artistes choisis par Caroline Bourgeois en résonance avec la thématique « Faire œuvre commune » retenue par Charlotte Laubard, directrice artistique de Nuit Blanche 2017. English Magic, de Jérémy Deller sera projetée dans le jardin Nelson Mandela (devant le chantier de la Bourse de Commerce). Uomoduomo d’Anri Sala et PLEASE (LC) de Lutz Bacher seront montrées dans l’église Saint-Eustache voisine, dont la paroisse, partenaire historique de Nuit Blanche, a toujours été engagée en faveur des arts. Les œuvres de Lutz Bacher et de Jeremy Deller sont inédites en France et n’ont encore jamais été présentées dans le cadre d’expositions de la Collection Pinault.
À la faveur de cet événement, la Bourse de Commerce / Collection Pinault – Paris s’installe dans une relation forte avec son environnement culturel et urbain, une relation qui est appelée à se renforcer par des collaborations et synergies avec l’ensemble
des acteurs culturels parisiens – notamment ceux du quartier des Halles – nationaux et internationaux,comme le fait déjà Palazzo Grassi – Punta della Dogana dans le contexte vénitien et italien.

Lutz Bacher / Please (LC). Vidéo à quatre canaux, son. Lutz Bacher (née en 1962) est une artiste américaine installée à New York qui travaille sous pseudonyme. Elle s’inspire d’objets trouvés ou d’éléments de la culture populaire qu’elle se réapproprieen les détournant. Dans son œuvre PLEASE (LC), un même extrait vidéo est projeté successivement sur quatre écrans disposés les uns à côté des autres. À la manière d’un chant en canon, ces quelques secondes quasi cacophoniques représentent Leonard Cohen répétant à l’infini le mot Please.

 

Jeremy Deller / English Magic, 2013 Vidéo couleur, son 14’23’’ Jeremy Deller (né en 1966, à Londres), lauréat du Turner Prize en 2004, s’inspire des cultures populaires, des folklores, des codes sociaux dans des œuvres participatives, généreuses et critiques. Dans English /  Magic. Un orchestre de percussionnistes amateurs joue des morceaux de Vaughan Williams et de David Bowie dans les mythiques studios d’Abbey Road, à Londres, où les Beatles ont enregistré la plupart de leurs albums.
Cet enregistrement filmé est entrecoupé de plusieurs séquences fascinantes ou triviales : des oiseaux rapaces qui volent au ralenti, des Land Rover dans une casse automobile, une parade de rue, le site de Stonehenge en jeu gonflable… Conçue pour le pavillon britannique de la 55e Biennale de Venise en 2013, cette œuvre est à la fois une célébration subversive et une autocritique corrosive de l’histoire culturelle britannique.

 

> Anri Sala / Uomoduomo, 2000 Vidéo couleur.  1’34’’ Anri Sala (né en 1974 en Albanie) débute ses études d’art à Tirana pour les achever au Fresnoy, à Tourcoing. Uomoduomo enregistre le sommeil agité d’un homme voûté, visiblement frêle et âgé, possiblement sans domicile, assis sur un banc du Duomo, la cathédrale de Milan. La présentation de cette œuvre poignante dans l’église Saint-Eustache est un hommage au double engagement historique, à la fois artistique et social, de cette paroisse parisienne.

 

 

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