NIce 2017

NIce 2017

Martial Raysse : High Tension, 1964.

 

NICE 20017 / Ecole(S) de Nice
Musée Masséna / MAMAC / Galerie des Ponchettes / 109

Martial Raysse : Soudain l’été dernier, 1963. Au MAMAC.
Jusqu’au 15 octobre
http://www.nice.fr/fr/culture/musees-et-galeries

 Musée Masséna :

Nice à l’école de l’histoire

Au musée Masséna  > Nice à l’école de l’histoire.
Proposé par Jean-Jacques Aillagon.

L’histoire de Nice plonge ses racines dans la préhistoire. Il y a 400 000 ans, l’Homme, sur une plage du site de Terra Amata, domestiquait le feu. Quelques centaines de millénaires plus tard, une autre invention allait bouleverser le destin de Nice, « l’invention de la Méditerranée » par les Grecs, qui fondent sur le rivage niçois une colonie qui devait s’avérer durable, celle de Nikaïa. La puissante Rome va installer sur ce territoire une cité, Cemenelum (Cimiez), qui fixe le destin urbain de l’agglomération niçoise, actuellement la cinquième ville de France. Autour de Cemenelum se forme un territoire qui court de la mer à la montagne, la province des Alpes Maritimae dont le département actuel porte toujours le nom. Les civilisations celto-ligures autochtones se fondent peu à peu dans ce nouveau cadre. Le brassage qui s’opère alors dessine un trait de caractère singulier et durable de la ville, celui de la rencontre des cultures que le cosmopolitisme du XIXe siècle redynamisera de façon spectaculaire. Le christianisme se glissera dans ce cadre territorial et fixera, pendant plusieurs siècles, un horizon spirituel à cette ville la faisant ainsi participer à l’une des grandes aventures culturelles européennes. Depuis les « invasions barbares », quand Wisigoths et Ostrogoths se partagent son territoire, jusqu’au rattachement du comté de Nice à la France, en 1860, Nice ne cesse de balancer entre les systèmes politiques dominants de l’Est et de l’Ouest, entre le Royaume et l’Empire, entre la Provence et la Savoie qui devient le royaume de Piémont-Sardaigne puis, entre la France et l’Italie. Nice conforte ainsi le caractère d’une ville de marche, d’une ville frontière, mais aussi d’une ville de rencontres et de confluences. Des années 1760 à 1960, la ville se développe spectaculairement grâce à « l’invention du tourisme », puissant phénomène de civilisation. Apparaît ainsi une ville nouvelle dont Nice propose aujourd’hui l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial. L’exposition propose une exploration de quelques millénaires de l’histoire de Nice et en souligne les articulations avec l’histoire générale, elle constitue l’esquisse d’un portrait de la cité où se rencontreront des chefs-d’oeuvre de toutes les époques. Au fil des chapitres de l’exposition, sur l’intégralité du 2e étage du musée Masséna, plus de 200 pièces, des chefs-d’oeuvre les plus insignes aux fragments archéologiques les plus émouvants, jalonneront une galerie du temps offrant un parcours passionnant et raisonné dans l’histoire de Nice et de son territoire. Cette chronologie, minutieusement scénographiée, conduit le visiteur à découvrir des oeuvres diverses. C’est ainsi, que dans le premier chapitre consacré à « l’invention du feu », un galet préhistorique biface, symbole de l’histoire de l’humanité émergente, il y a plusieurs centaines de milliers d’années, côtoiera les oeuvres d’artistes du XXe siècle comme le célèbre Feu d’artifice à Nice de Raoul Dufy, la revue Les Miroirs Profonds, Pierre à feu illustrée par Henri Matisse ou encore Les Silences de la fumée de Noël Dolla.
Dans le deuxième chapitre, du matériel archéologique illustrant la présence grecque à Nice côtoiera la Méditerranée d’Aristide Maillol, un Grand olivier de Louis Cane ou La cueillette des oranges à Cimiez de Berthe Morisot.
La rencontre entre Rome et les populations Celto-Ligures, de l’arrière pays méditerranéen, sera richement illustrée dans le troisième chapitre dédié à « l’invention de la cité ». Il présentera une merveille de l’art celto-ligure, l’Hermès bicéphale de Roquepertuse, qui fera face au Masque Tragique de Paul Tissier, monumentale représentation de l’Antiquité dans les fêtes mondaines à Nice au début du XXe siècle. Il se conclura sur une photographie de Nice « blottie entre la Méditerranée et les contreforts des Alpes maritimes », prise par Thomas Pesquet, astronaute français de l’Agence spatiale européenne depuis la Station Spatiale Internationale. Telle l’échelle de Jacob montant vers les cieux, cette aventure dans le temps se poursuivra par des oeuvres évoquant l’irruption, dans l’horizon de la culture européenne, de la foi chrétienne, de l’espérance du salut et de l’attente du ciel. Pendant près de deux millénaires, cet horizon va modeler le paysage des villes et des campagnes, celui de Nice, si riche en chapelles, églises, coupoles et cloches relève de cette grande aventure collective. En témoignent un chapiteau de l’ancienne cathédrale de la colline du Château, les prédelles d’un retable de Ludovico Brea ou encore la maquette de l’église moderne Jeanne d’Arc. Remontant le cours de l’histoire et celle d’un territoire tiraillé entre l’Est et l’Ouest, des bijoux wisigothiques et ostrogothiques voisineront, dans le cinquième chapitre, avec l’oeuvre de Sebastiano Ricci (1659-1734) représentant le « Congrès de Nice » et son célèbre rendez-vous manqué, en 1538, entre François Ier et Charles Quint, une statue équestre de Louis XIV qui fit bombarder la ville et d’autres pièces exceptionnelles comme l’original du Traité relatif à la réunion de la Savoie et de l’arrondissement de Nice à la France prêté par le Ministère des Affaires étrangères. Enfin, le sixième chapitre, consacré à « l’invention du tourisme » montrera aussi bien une toile représentant Les premières régates à Nice d’Achille Clément qu’une série de cannes du XIXe siècle ou un maillot de bain des années 1930 suggérant l’émergence, à Nice, d’une ville cosmopolite dédiée à la villégiature aristocratique et climatique puis à ce qu’on appellera communément le tourisme, et dont la Promenade des Anglais, peinte par Angelo Garino et photographiée par Martin Parr, devait devenir le symbole mythique.

MAMAC :

A propos de Nice 1947-1977

Au MAMAC  >A propos de Nice 1947-1977
Commissariat : Hélène Guenin avec le concours de Rébecca François

À Nice, un jour de l’été 1947, trois jeunes hommes se font la promesse d’un partage du monde : Yves Klein, maître de l’IKB en devenir s’approprie l’infi ni bleu du ciel ; le poète Claude Pascal s’empare de l’air et reviennent à Arman, futur maestro de l’appropriation d’objets, la terre et ses richesses. De ce pacte mythique et désinvolte, naît une constellation de fulgurances, de gestes et de rencontres qui déferlera sur la Côte d’Azur jusqu’à bouleverser l’histoire de l’art. À Paris, en 1977, le Centre Pompidou célèbre cette aventure avec l’exposition « À propos de Nice » retraçant l’émulation artistique de 1956 à 1976 sous l’orchestration du grand agitateur et un des instigateurs de cette épopée : Ben. En 2017, le MAMAC revient sur ce phénomène de cristallisation engendré par des personnalités charismatiques qui ont tracé une « diagonale du fou » entre Nice et les grandes capitales artistiques internationales. C’est ainsi, dans cette révolution de gestes inventés, dans cette insurrection de la pensée et de la forme orchestrée par les artistes, cette insolence des attitudes, leur fascination pour les mythologies, que se dessine le parcours proposé. Au-delà des récits, par dates, mouvements ou personnalités, l’exposition se construit sur 2 400 m² autour d’une constellation de pratiques connectant ces acteurs par autant d’approches transversales. L’exposition met également en lumière des lieux emblématiques ou des événements phares qui ont jalonné cette aventure artistique. L’articulation entre ces gestes, ces possibles spécificités niçoises et le contexte géographique, balnéaire et culturel niçois sera également examinée, prolongeant l’intuition de Jean-Jacques Lévêque en 1967 : « Notre réalité a ses beautés spécifiques : les machines à sous, les jukeboxes, les autoroutes (avec ces longues et sinueuses sculptures que sont les échangeurs), les couleurs joyeuses des matières plastiques, les néons, les nickelages étincelants des voitures, que sais-je ? L’École de Nice tend à défi nir le merveilleux moderne. »
C’est ainsi, dans cette révolution de gestes, dans cette insurrection de la pensée et de la forme, cette insolence des attitudes, cet appétit pour l’irrévérence, cette fascination pour les mythologies et les récits, mais aussi dans cette soif d’exister au-delà du regard de Paris, dans une ardente aspiration à revendiquer le local tout en attirant l’attention internationale que s’ancre le parcours proposé au MAMAC. Le cheminement dans cette aventure se construit à travers une constellation de mots-clés, emblématiques des pratiques déployées par les acteurs de la scène réunie à Nice pendant ces décennies, offrant autant d’approches transversales, au-delà des courants. L’articulation entre ces gestes, ces possibles spécifi cités niçoises et le contexte géographique, balnéaire et culturel niçois sera également interrogée, prolongeant l’intuition de Jean-Jacques Lévêque en 1967 : « Notre réalité a ses beautés spécifiques : les machines à sous, les juke-boxes, les autoroutes (avec ces longues et sinueuses sculptures que sont les échangeurs), les couleurs joyeuses des matières plastiques, les néons, les nickelages étincelants des voitures, que sais-je ? L’École de Nice tend à défi nir le merveilleux moderne. »

 

Et puis aussi :

109 & Galerie des Ponchettes

Au 109, 65, rue de France >The surface of the East Coast. From Nice to New York.
Commissariat : Marie Maertens.

La Ville de Nice a initié, depuis 2008, un projet de reconversion des 18 000 m2 de ses anciens abattoirs en un pôle artistique contribuant au rayonnement culturel de la cité.
Répondant à un réel besoin de se doter d’un outil de recherche et de création, cette mutation a commencé par l’installation dans une partie du site d’un collectif d’artistes – La Station, association défendant l’art contemporain par la production et l’exposition. Dans le même temps, la ville a mis en place une mission de réflexion intitulée Chantier Sang Neuf afin d’élargir ce processus de changement à tout le site et toutes les expressions artistiques par la création de la Grande Halle (un espace de 2 000 m2), du Frigo 16, de la Table Ronde ; tous ces espaces pouvant recevoir diverses programmations autour des musiques actuelles, d’expositions, de conférences/débats… Cette forme expérimentale du projet s’est traduite jusqu’en 2015 par diverses actions de productions, de résidences et de manifestations temporaires. Après des travaux significatifs de transformation de ses locaux, le 109 commence une nouvelle vie permettant l’accueil dans les conditions requises d’autres acteurs majeurs de la vie culturelle niçoise. Le projet entre dans une deuxième phase de consolidation de ses objectifs avec l’installation de 29 ateliers municipaux de plasticiens ; du Forum d’Urbanisme et d’Architecture ; de l’Entre-Pont, une fédération d’une quarantaine d’associations de spectacles vivants ; de la compagnie de danse Antipodes ; de Botox(s), réseau d’art contemporain Alpes et Riviera ; du SACA, syndicat des Architectes de la Côte d’Azur.
Dans sa nouvelle configuration, le 109 se positionne comme une interface essentielle à la création contemporaine dans le paysage culturel local, national et international grâce à un travail de coordination des actions menées par les protagonistes du site mais surtout grâce à une programmation riche, diverse et ambitieuse tournée vers différentes typologies des problématiques culturelles, artistiques et sociétales de notre époque. Avec l’énergie produite par ses multiples occurrences, le 109 tend à conforter son rôle d’un authentique vivier de création.
Le groupe Supports/Surfaces est un mouvement artistique né à la fin des années 1960. L’un des points de départ est une exposition datant de 1969 et intitulée La peinture en question, dans laquelle des artistes dont Claude Viallat,
Louis Cane, Daniel Dezeuze, Noël Dolla, Marc Devade, Patrick Saytour ou Bernard Pagès, presque tous originaires du Sud de la France, déclarent : « L’objet de la peinture, c’est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu’à
eux-mêmes. Ils ne font point appel à un ailleurs ». 
À New York, dans les années 2010, des plasticiens se développant dans un contexte artistique, géographique, politique et économique radicalement différent, se mettent à leur tour à déconstruire  l’idée de la toile, pour la reconstruire. Au tout départ de leur recherche, ils ne connaissent pas nécessairement les artistes du groupe Supports/Surfaces, qui ont été jusqu’alors peu exposés aux États-Unis, mais se réfèrent davantage, si l’on doit chercher des sources historiques, à Frank Stella, Ad Reinhardt, l’art minimal ou encore le Bauhaus. Pour autant, il est fascinant d’observer que les oeuvres présentent de fortes similitudes formelles. Ainsi, à nouveau les réflexions sur le châssis, décomposé  ou recomposé, ou plus généralement le support accompagnent celles de l’oeuvre dans l’espace

Galerie des Ponchettes >Noël Dolla. Reconstructions spatiales.
Commissariat : Hélène Guenin avec Élodie Antoine.
Noël Dolla formule à partir de l’automne 1969 une série de propositions à l’échelle du paysage dans l’arrière-pays niçois. Alors actif dans le mouvement Supports/Surfaces, il invente des formes nouvelles dans la nature, assumant leur dimension éphémère et la rencontre intime, voire confidentielle, avec ses interventions dessinées à même la montagne. Propos Neutre n° 2 – Restructuration spatiale est réalisée le 5 octobre 1969 à 2 000 mètres d’altitude, à la cime de l’Authion. Noël Dolla peint des cercles roses sur des rochers et murets, faisant « prendre de l’altitude à la peinture ». Le 5 février 1970, il conçoit une nouvelle Restructuration Spatiale sur cette même cime de l’Authion, en réalisant trois cercles colorés monumentaux sur le flanc enneigé de la montagne. Quelques membres de Supports/Surfaces expérimentent alors le dialogue de leur travail avec l’espace public et la nature pour contourner le système de l’art, ses circuits bourgeois, et générer des interactions nouvelles, inédites entre leurs oeuvres et le public (Daniel Dezeuze, Bernard Pagès, Patrick Saytour, Claude Viallat). Dolla est toutefois le seul à créer à l’échelle du paysage une oeuvre spécifique qui n’a d’existence que dans l’espace temps consentis par la nature et dans la mémoire de celles et ceux venus partager cette expérience. Si la réversibilité des propositions démontre davantage de proximité avec le Land Art anglais qu’avec les interventions musclées des Américains, Noël Dolla ne prendra connaissance que plus tard de la concomitance internationale de ces démarches. D’autres interventions suivront, en montagne, sur la plage de Nice ou dans l’espace public. L’exposition revient sur ces interventions historiques mais aussi sur des projets récents à travers documents et photographies. À l’occasion de l’exposition, l’artiste propose également une intervention in situ qui métamorphose l’espace de la galerie des Ponchettes.

> Clip vidéo

Autour de Nice 2017

Nice 2017. Ecole(S) de Nice. Document TV5Monde.

 

 

 

 

 

 

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