Show vidéos Pompidou au Tri Postal

Show vidéos Pompidou au Tri Postal

 

PERFORMANCE ! > LES COLLECTIONS DU CENTRE POMPIDOU > 1967-2017.
Du 6 octobre au 14 janvier au
Tri Postal
Avenue Willy Brandt F-59000 Lille
À 2 min à pied des Gares Lille-Flandres et Lille-Europe Métro : Gare Lille-Flandres
Entrée : 8 €.

JEUX > RITUELS ET RECREATIONS
Jusqu’au 7 novembre à la Gare Saint-Sauveur

Dans les espaces du Tri Postal et de la gare Saint-Sauveur, l’exposition réunit chefs-d’oeuvre, pièces rares et créations, suggérant des dialogues inédits et des lignes de fuite multiples. De grandes installations vidéo en formeront l’armature, que viendront habiter des performances live. Au tri postal, le parcours se développe autour de trois axes : Mouvement sur mouvement, Scènes de gestes et Objets d’écoute. Un programme de per-formances viendra en contrepoint. et aussi : les célèbres nuits du Tri Postal, le spectacle In Plain Site présenté par l’opéra de Lille, la Cantine du Tri Postal, la boutique…

Performance ! bouscule la pratique de l’exposition. Le projet met en scène une histoire singulière, jouant de l’instant éphémère et de sa possible répétition par l’image. s’y croisent les nombreux domaines artistiques qui convergent dans l’oeuvre performée : la danse et la chorégraphie, la musique et les pratiques sonores, le langage du geste construit par toutes les possibilités du corps, les dispositifs ouverts d’installations participatives ou immersifs, plaçant au cœur de l’œuvre l’expérience du spectateur. Performance ! le mot résonne au-delà du champ artistique. venu des arts du spectacle (dans la tradition anglo-saxonne), et de la culture sportive, le terme imprègne aujourd’hui les sociétés postindustrielles, avec leurs « indicateurs » éva-luant chaque secteur de l’activité humaine. C’est également une pratique implicite des médias sociaux, où les relations se forment et s’inventent par et à travers les représentations de soi. L’historien Stephen Greenblatt a mis en évidence une culture très sophistiquée du self-fashioning dès la renaissance, autrement dit la construction consciente d’une image du moi social. C’est aujourd’hui un comportement tout entier qui s’élabore quotidiennement dans le prisme de la technologie.

À la Gare Saint Sauveur, une vingtaine d’artistes et œuvres majeures de l’art contemporain seront présentés. Le spectateur sera invité dans une relationactive à l’espace : environnements, installations, projections et ambiances sonores mettront en jeu
l’échelle corporelle. Les thématiques de l’enfance et de l’adolescence traverseront de nombreuses œuvres. Un espace-temps réel où l’imagnaire détermine une aire de jeu. Des règles le circonscrivent, dites ou tacites. Sans participants et sans désir de s’y livrer, il ne peut exister. Les œuvres qui se font écho sur le plateau de la Gare Saint Sauveur tissent une histoire plurielle du jeu. Des libertés enfantines aux défis adolescents, des jeux de rôles réfléchis à la réinvention poétique d’une activité sans utilité productive, qui n’est fin qu’à elle-même.

Jérôme Bel : Véronique Doisneau, 2004.

Véronique Doisneau est née de la rencontre entre deux univers, celui de Jérôme Bel, chorégraphe iconoclaste, « concepteur », et de celui du berceau de la danse classique, le ballet de l’opéra national de paris. l’œuvre, qui s’inscrit en décalage avec le répertoire, est un vibrant hommage rendu à l’ensemble des danseurs de la Compagnie. Pour répondre à l’invitation de Brigitte Lefèvre, Directrice de la Danse à l’Opéra, Jérôme Bel a assisté pendant deux ans aux productions chorégraphiques programmées au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille. De la découverte de ce monde, il a souhaité mettre en lumière non pas les étoiles ou les premiers danseurs mais donner la parole à une artiste du Corps de Ballet qui, dans l’ombre du spectacle, participe pleinement à son éclat. Il a pour cela élaboré un dispositif permettant à l’une d’entre eux de s’engager artistiquement envers le public. À la manière d’un autoportrait, Véronique Doisneau, Sujet dans la hiérarchie du Ballet, à un an de son départ du Ballet au moment de la création de la pièce, évoque ainsi sa condition de danseuse, confie sans pathos et souvent avec humour ses préférences, les moments qui l’ont fait souffrir, ceux qui l’ont emplie de joie, sa réalité… La pièce, créée au palais Garnier en septembre 2004, est un mouvement fort qui éclaire sous un autre jour le quotidien des danseurs et permet au public de découvrir une facette de leur travail et de leur engagement.

Hans Peter Feldmann : Shadow Play, 2002-2017.

Shadow Play. Hans Peter Feldmann réalise la première version de l’installation Shadow Play en 2002. Il revient alors sur la scène artistique après une période de dix ans d’absence durant laquelle il a tenu un magasin d’antiquités et de jouets. la version exposée ici a été créée spécialement pour le centre pompidou, avec des bibelots trouvés sur les marchés aux puces aux abords de paris. sur une table de vingt mètres de long, des groupes d’objets et de jouets sont mis en mouvement sur des plateaux tournants, éclairés par des projecteurs. se met en place un ballet d’ombres mouvantes proche du théâtre de marionnettes et des lanternes magiques. Shadow play synthétise dans une forme à la fois ludique, spectaculaire et poétique nombre des préoccupations de l’artiste : l’esprit de collection, le goût pour l’objet décoratif, le monde de l’enfance et la passion pour la photographie.

Stan Douglas : Hors-Champ, 1992.

Dans Hors-Champs, installation vidéo réalisée en 1992 à l’invitation du Centre Pompidou, Stan Douglas réunit quatre musiciens de jazz américains ayant vécu en France dans les années 60. L’artiste évoque ainsi la dernière vague de migration des noirs américains en Europe, qui ont fui les répressions aux états-unis à cette période. L’usage du noir et blanc, les prises de vue sobres et le montage très posé renvoient aux émissions de variété diffusées à la télévision en 1965. Sur la face de l’écran, Georges Lewis (trombone), Douglas Ewart (saxophone), Kent Carteer (basse) et olivier Johnson (percussions) jouent une partition de Free Jazz inspirée de Spirits rejoice, qu’Albert Ayler avait créée en 1965 lors de son premier concert à Paris. Ce morceau combine les hymnes nationaux américain et français (Star Spangled Banner et la Marseillaise) avec une mélodie utilisée par l’armée américaine. Le dos de l’écran montre les moments de pause et de détente des musiciens entre deux enregistrements, imaginant le “hors-champs” de l’émission télévisée. Stan Douglas réactive une performance historique en amplifiant sa dimension humaine. Il rend hommage à la force subversive du Free Jazz, dont les improvisations très intenses et contrastées véhiculent l’ébullition libertaire et égalitaire où se jouent les luttes des années 60.

Vue d’ensemble dans l’exposition
Babette Mangolte : Trisha Brown, Water Motor, 1978  & Aernout Mik, Park, 2002.

Park. Dans le paysage naturel de Park (2002), l’être humain, dénudé de tout signe d’identité, de pouvoir ou d’influence, de personnalité et ou de caractère, se rapproche de l’être animal ou végétal, mais aussi de l’objet inanimé, dans son essence. Les protagonistes n’ont pas de contacts émotionnels entre eux, on ignore ce qui les rassemble, mais on soupçonne une vague reconnaissance de l’existence de l’autre, même si c’est simplement pour la minimiser ou l’intégrer partiellement. L’action des personnages résiste aux lois de la logique narrative conventionnelle pour laisser place aux fluctuations de l’imprévisible, de l’incertitude et du chaos. Certains sautent autour d’un arbre – on imagine une musique que l’on n’entend pas -, d’autres, assis ou allongés sur l’herbe, vaquent à ce qui pourrait être une partie de campagne. Un fort contraste ressort entre le premier et le second plan, entre les divers régimes d’énergie et d’activité qui sont ici mis en spectacle. Park semble développer un “tableau vivant” paradoxal en s’intéressant à toute une gamme de nuances entre mouvement et immobilité, entre la formation d’un groupe et l’affirmation d’un individu. L’œuvre de Aernout Mik fait référence, d’une façon oblique et suggestive, à ce qui, dans l’expérience de l’existence humaine, configure et détermine notre environnement social et politique.

Guillaume de Cointet : Tell me, 1979-11980

Tell me, 1979-1980, est une performance qui s’appuie sur 71 éléments plastiques. Ces « objets scéniques » comportent des volumes géométriques peints, des éléments typographiques et des pièces de mobilier minimales. trois actrices interprètent un script écrit par l’artiste, narrant des situations d’une banalité désespérée qui renvoie de manière caustique à l’univers kitsch des sitcoms hollywoodiennes. L’abstraction du décor et des objets a pour effet étrange d’amplifier le caractère anecdotique de ce théâtre du gossip ordinaire : tell me, « dis-moi ». Cette réplique de l’œuvre est activée à l’occasion de l’exposition au Tripostal, avec l’intervention d’actrices lors des répétitions publiques et des représentations. Entre les performances, ces différents « objets scéniques » sont présentés « au repos ». A cette œuvre fait écho l’installation de Mike Kelley, performance related objets (1977- 1979) présentée dans cette même salle, qui résulte des expérimentations du jeune Kelley avec l’artifice scénique, le son, le corps et l’objet.

Brice Dellsperger : Body Double 35, 2017.

Réalisé en 2017, Body Double 35 rend hommage à Xanadu, une comédie musicale de 1980 signée par Robert Greenwald, échec commercial qui fut qualifié de plus mauvais film de tous les temps. C’est au cours d’une recherche sur les citations du système des beaux-arts dans le cinéma hollywoodien que Brice Dellsperger s’intéresse à ce navet culte où Olivia Newton John interprète avec huit autres jeunes femmes les neufs muses du Parnasse. Le scénario se déroule à hollywood, un peintre décorateur aspirant artiste voit son vœu exaucé par les muses qui se détachent d’une fresque monumentale pour engager une danse disco avant d’entrer en contact avec le monde humain. Après avoir notamment collaboré avec le performer Jean-Luc Verna dans ses précédents projets, Brice Dellsperger invite ici le chorégraphe et danseur François Chaignaud, dont le travail est également dédié à une réflexion sur les relations entre art, reprise et travestissement, à reperformer la chorégraphie de chacune des muses. Marc Camille Chaimowicz est l’auteur des imprimés des robes librement inspirées de la garde robe du film. La musique et les textes, signés de Jeff Lynne, sont repris et interprétés par Didier Blasco pour la musique et julien Loko, pour le chant. Body Double 35 interroge subrepticement le genre des Muses, figures inspiratrices invariablement féminines, et leur place dans le processus de l’inspiration créatrice d’aujourd’hui.

Ryogi Ikeda : data.tron, 2007

data.tron est une projection audiovisuelle en boucle, qui se mesure à l’échelle de l’architecture. Chaque pixel de l’image est calculé selon un plan algorithmique précis ou, comme l’écrit l’artiste, « composé de mathématiques pures et de la vaste mer de données présentes dans le monde ». Autrement dit, l’œuvre restitue et invite à contempler le monde en tant que précipité d’informations. La texture sonore est réalisée grâce à des superpositions infinies de couches de sons générées par l’ordinateur. Des fréquences au seuil de l’audible, prises dans un rythme tendu de pulsations, absorbent le spectateur dans un flux d’énergie. La matière est atomisée dans le mouvement incessant des données sonores et lumineuses.

Recommandé par Art Actuel > artactuel.com 

 

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