Centre Pompidou > Jim Dine ou la bonne surprise !

Centre Pompidou > Jim Dine ou la bonne surprise !

 

En parallèle avec les expos César et Sheila Hicks,

l’importante donation Jim Dine au Centre Pompidou

 

Sawhorse Piece, 1968-69. Deux toiles peintes, deux tréteaux en bois, bandes de tissus, pot de peinture,
seau, pinceau, serre-joint, couteau, carreau de céramique, plâtre, verre, élastique (107 x 366 x 30,5 cm).
Collection Centre Pompidou, Musée national d’art moderne. Photo © Ellen Page Wilson © Adagp, Paris 2017

 

The Garden of Eden, 2003. Cadre en acier avec éléments en bronze peint
(203 x 280 x 61 cm)Collection Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
Photo © Jim Dine Studio. © Adagp, Paris 2017

Nancy and I at Ithaca (Straw Heart), 1966 69/1998. Acier, paille, résine, colle. Collection
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne. Photo © Ellen Page Wilson © Adagp, Paris 2017

C’est une histoire sentimentale entre un artiste américain, Jim Dine et une ville, Paris. C’est aussi un don très important que Jim Dine a fait au Centre Pompidou avec, en maître de cérémonie, Bernard Blistène. Le matin du vernissage presse, nous avons eu le plaisir d’une présentation globale faite par un Bernard Blistène très enthousiaste et communicatif. Reprenons l’histoire par le début. Dans les années 60, on voit Jim Dine flirter avec le pop art, mais c’est pour mieux rebondir avec le happening et revoir sa copie picturale. Il voyage autour du monde, mais c’est à Paris qu’on le voit souvent. D’ailleurs, aujourd’hui, il se partage entre ses trois spots parisiens : son appartement du 6e arrondissement, son refuge du 14e arrondissement et son immense atelier de Montrouge. Dans les années 90, on le verra sculpter à la hache de grandes statues en bois. Tout en continuant ses expérimentations en matière de peinture. Une oeuvre en perpétuel mouvement, ce qui est la force de cette exposition présentée au Centre Pompidou. C’est lui-même qui a ponctué la chose par de puissants graffittis où l’on découvre l’artiste sous l’angle du poète. Jim Dine a tenu à ce que cette donation soit aussi le reflet des différentes étapes de sa création. Des premières oeuvres qu’on pourraient qualifier de minimalisme luxuriant – et cependant codifié –  aux appropriations du coeur ou de Pinocchio,en passant par un ensemble d’assemblages dans lesquels les outils prennent toute leur importance. Outil comme cette scie qui lévite et s’incruste dans une peinture représentant un de ses fameux coeurs. Quand Jim Dine se met à la sculpture, il peut s’attaquer à la thématique de la Vénus de Milo, mais c’est pour mieux la faire exploser et la faire devenir une espèce de statue africaine, style art brut. Mais c’est pour mieux revenir à la peinture et poursuivre ses recherches chromatiques. On croise aussi un trio de Pinocchios au long nez. Puis on se redirige vers sa peinture, avec en tableau final, un étrange triptyque corbeau, coeur et hibou blanc. Dans un autre, on a vu un Pinocchio, en culotte courte, un corbeau habillé, une créature fantomatique, un cagoulé en pantalon blanc et un Mickey hilare et costumé, dans lequel l’artiste assure s’est représenté. Autant de points de repères (?) dans lesquels la diversité règne en grande maîtresse. Puis nous allions revenir vers ces cimaises peintes. Jim Dine en tant que poète. Comme dans Juillet : Il y a plusieurs semaines de cela, vers 6h du matin, je regardais par la fenêtre de notre chambre quand je le vis qui dévalait la colline, à travers champs et blés murs, mon gorille, noir et très poilu, à hurler et à se frapper la poitrine, soufflant des mots d’amour à son oiseau blanc. Jim Dine est un immense artiste. Allez à sa rencontre !

 

Le catalogue Jim Dine

Paris Reconnaissance

C’est Jim Dine qui s’exprime :  » Ce texte est un mémoire de ma vie parisienne et, avant tout, une explication
des raisons pour lesquels je fais une donation de 28 oeuvres au Centre Pompidou. Pour ma quatre-vingt-deuxième
année, j’ai décidé de donner ces peintures et sculptures de différents moments de ma carrière car je tiens
beaucoup à honorer une dette culturelle et personnelle. Depuis mon enfance, la France et Paris
m’ont apporté une esthétique qui a nourri ma peinture, m’ont fait comprendre comment vivre
en être humain et civilisé, m’ont offert la musique et l’art, et je leur en suis profondément reconnaissant « .
C’est toute cette intimité avec notre pays et sa capitale qui irrigue ce catalogue.
Peut-être le plus personnel des catalogues labellisés Centre Pompidou et, par ailleurs,
une longue promenade à travers toutes les facettes de cet artiste protèiforme.

Jim Dine / Paris Reconnaissance / Steidl – Editions du Centre Pompidou / 35 €. 

 

Centre Pompidou, 75004 Paris. 

Tél.  : +33 (0)1 44 78 12 33. Accès aux expositions temporaires : 14 €.

Tous les jours sauf mardi de 11h à 21h . Nocturne le jeudi jusqu’à 23h.

Site Web : www.centrepompidou.fr

 

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