Expos Mai 68

8 expositions pour fêter le 50e anniversaire de Mai 68.

Voici les premières annonces faites au centre Pompidou.

 

 Images en lutte / Beaux-Arts de Paris

Du 21 février au 20 mai. L’exposition n’est pas une histoire visuelle du politique mais une histoire politique du visuel. Elle dévoile un long cortège, qui commence dans les grandes manifestations contre la guerre du Vietnam, s’attarde dans l’Atelier Populaire des Beaux-Arts enmai et juin 1968 pour, dans les années suivantes, parcourir les boulevards parisiens, occuper les usines, les mines, les universités, les prisons et tant d’autres lieux dans toute la France. L’exposition présente des affiches, des peintures, des sculptures, des installations, des films, des photographies, des tracts, des revues, des livres et des magazines, dont quelque 150 publications consultables dans le cadre d’une bibliothèque ouverte. L’exposition s’ouvrira par une présentation des affiches produites par l’Atelier Populaire, émanation de l’occupation de l’École des Beaux-Arts de Paris à partir du 14 mai 1968 par ses étudiants et ses enseignants, bientôt rejoints par de nombreux artistes. Ces affiches seront accompagnées de nombreux projets demeurés inédits et récemment redécouverts. Elles démontrent que ce soulèvement d’une génération a partie liée avec les images et avec l’art d’avant-garde de cette époque – non sans contradictions. Les affiches de Mai ne sont que la partie la plus connue d’un foisonnement de la création, qui répond à une volonté de renverser radicalement les systèmes en place. C’est ce foisonnement qui sera montré, mettant ainsi en valeur comment l’inventivité esthétique est mieux perçue lorsqu’on lui redonne ses motivations et ses significations politiques. Avec les œuvres de Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo, Pierre Buraglio, Coopérative des Malassis, Noël Dolla, Gérard Fromanger, Monique Frydman, Michel Journiac, Julio Le Parc, Annette Messager, Olivier Mosset, Jean-Pierre Pincemin, Bernard Rancillac, Martial Raysse, Claude Rutault, Carole Roussopoulos, Nil Yalter…

Chris Marker. La Quinzaine des Réalisateurs 1969  / Cinémathèque française

Du 28 mars au 15 avril. Chris Marker, l’Exposition sera consacrée à un cinéaste aussi discret qu’influent, qui a eu autant de vies qu’un chat, son animal totémique et porte-parole, mais qui n’était ni frileux ni sédentaire : Chris Marker, cinéaste du joli mai par excellence, ses 1000 vies, ses films-essais et son insatiable curiosité – qui fit de lui l’un des pionniers du net et renforça encore son image de chamane. Avec cette exposition, La Cinémathèque française réaffirme son rôle de musée vivant du cinéma puisque ce sera la première fois que son gigantesque Fonds Marker sera dévoilée au public. L’œuvre de Chris Marker est une plongée d’une richesse sans égal dans notre histoire politique, artistique et technologique. Conçue par la Cinémathèque française et coproduite par Bozar, l’exposition montre le parcours complexe de Chris Marker (1921-2012), écrivain, homme d’édition, réalisateur, voyageur, photographe, musicien et artiste numérique. Elle accorde une grande place à Mai 68 et révèle l’activiste, l’homme des collectifs, le monteur, l’homme engagé, en France mais aussi à l’étranger et en amont de Mai 68. Elle met en valeur sa culture cinématographique ainsi que les modalités de production et de diffusion des collectifs de l’époque dans lesquels il s’est investi, notamment Slon, ISKRA et les Groupes Medvedkine. Et aussi, une tentative originale : la reproduction grandeur nature de la toute première Quinzaine des Réalisateurs en Mai 69, avec la quasi intégralité des films qui furent présentés, à découvrir dans les salles de La Cinémathèque française du 28 mars au 15 avril 2018. L’institution rend ainsi hommage à cette section parallèle du Festival de Cannes, créée en juin 1968 à l’initiative de la Société des Réalisateurs de Films (SRF) et engendrée par le mouvement d’un monde artistique en quête de liberté. Le meilleur du jeune cinéma du monde entier des années 1960 et 1970 fut montré dans ce cadre, révélant de futurs grands auteurs internationaux (Philippe Garrel, Glauber Rocha, Nagisa Oshima…). À son commencement, La Quinzaine des Réalisateurs a été la vitrine du bouillonnement idéologique et esthétique de son temps. Comme le fac-similé d’une époque en pleine effervescence.

 Mondes possibles / Théâtre des Amandiers

D’avril à mai 2018, le théâtre laisse sa porte grande ouverte et s’affranchit de la séparation entre intérieur et extérieur, scène et plein air, ville et théâtre. Une manière de se demander comment faire encore monde ensemble. À rebours de toute commémoration nostalgique, Mondes possibles vient interroger les utopies de Mai 68 et rassemble, le temps de ce qui pourrait être un festival, des créations d’artistes et penseurs européens. Tandis que certains projets revisitent l’héritage contestataire et libertaire des événements de mai, d’autres échafaudent, de manière plus prospective, des mondes possibles pour les temps à venir. Installations, spectacles en plein air, portrait de la ville de Nanterre, abécédaire philosophique, conférence théâtrale, concert, films, ou pièce chorégraphique, tous viennent poser la question du commun et de l’être ensemble. Retrouvant l’énergie du printemps 2015 et du Théâtre des négociations, Nanterre- Amandiers utilise autrement ses espaces, met son architecture en jeu, afin de devenir ce corps poreux, sensible et perméable aux influences extérieures. Pour certains événements de Mondes possibles, Nanterre-Amandiers s’associe au Centre culturel Suisse de Paris (Festival Extra Ball), à l’Université Paris-Nanterre (Global 68), ainsi qu’au CNAP pour la diffusion de films d’artistes. En parallèle de Mondes possibles, La Terrasse espace d’art de Nanterre présentera 1968/2018, des métamorphoses à l’œuvre, une exposition dont le commissariat col-lectif a choisi de montrer les travaux d’une vingtaine d’artistes parmi lesquels Gérard Aimé, Henri Cueco, la Coopérative des Malassis ou Jean-Luc Godard.

 

Icônes de mai 68. Les images ont une histoire/ BnF site François Mitterrand

Du 17 avril au 26 août. Comment s’est construite notre mémoire visuelle collective des événements de Mai 68 ? Selon quels processus certaines photographies, présentées comme documentaires, ont-elles atteint un statut d’icônes ? S’appuyant sur près de deux cents pièces, l’exposition présentée par la BnF fait l’histoire de certaines de ces images désormais célèbres. Elle suit leur trajectoire médiatique pour mettre en évidence les conditions de leur émergence culturelle dans la mémoire collective.La barricade, le duel CRS / étudiants, le pavé lancé, le poing levé… depuis 50 ans,la représentation des événements de Mai 68 est associée à des motifs récurrents. L’exposition analyse le parcours sinueux de différentes photographies, depuis la planche-contact jusqu’à leur circulation dans les magazines et autres produits éditoriaux : elle revient sur l’élaboration médiatique et culturelle de la représentation de ces événements historiques.Le portrait de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS par Gilles Caron et La Mariannede 68 de Jean-Pierre Rey constituent deux exemples caractéristiques de la fabrique des icônes. La photographie de Daniel Cohn-Bendit n’a pas immédiatement été distinguée et mise en exergue par les grands titres de la presse magazine. Pour éclairer la trajectoire de cette photographie devenue icône, l’exposition en présente des tirages originaux mais aussi de nombreuses formes éditées jusqu’en 2008.La « Marianne de 68 » a également évolué vers un statut d’icône. Au fur et à mesure de ses publications, le cadrage se resserre, faisant perdre à la photographie son ancrage historique, et les commentaires se recentrent sur l’image elle-même faisant d’elle un symbole de Mai 68.L’exposition interroge également la pratique de la couleur : comment et pourquoi la mémoire visuelle de Mai 68 se conjugue-t-elle en noir et blanc alors que les événements ont été couverts et diffusés en couleurs par la presse de l’époque ? Des clichés couleurs ont été pris par de nombreux photographes : Janine Niépce, Georges Melet, Bruno Barbey, Claude Dityvon… D’autres récits photographiques des événements ont à l’inverse échappé à la mémoire visuelle commune. Pour finir, l’exposition interroge en creux le statut d’icône. Pourquoi la première « nuit des barricades » n’a-t-elle paradoxalement laissé aucune image persistante ?

 

Mai 68. Assemblée Générale / Centre Pompidou.

Du 28 avril au 20 mai. À l’occasion du 50e anniversaire de Mai 68, le Centre Pompidou propose une manifestation pluridisciplinaire souhaitant éviter la commémoration et la célébration de Mai 68, sans non plus tenter d’en faire le bilan. L’évènement s’interroge sur sa permanence et sa réactualisation, d’autant plus au Centre Pompidou, institution culturelle d’un nouveau genre dont la préfiguration germe au lendemain de 1968. Il y a de l’esprit de Mai dans ce Centre ouvert sur la société. Mai 68 – Assemblée Générale, c’est l’occupation permanente du Forum du Centre Pompidou sur plus de trois semaines sous forme d’expositions, de débats, de performances, des projections et des ateliers, le tout en entrée libre. Trois axes majeurs en structurent la programmation. Une fresque visuelle de 60 mètres de long sera le lieu d’une réinterprétation par le graphiste Philippe Lakits des slogans et des affiches de Mai 68 et une mise en valeur du fonds d’images du Centre International de Recherche sur l’Image Politique (CIRIP) d’Alain Gesgon. Cette tapisserie de Bayeux contemporaine replongera le visiteur dans le graphisme des Ateliers populaires, sans fétichisme. Il s’agit aussi de donner l’idée de l’impact des slogans de Mai dans une France sans journaux, radio ni télévision (en grève). Un lieu de débat, œuvre du designer Olivier Vadrot (coll. du Cnap) conçu en 2016 pour être une salle de conférence nomade, tiendra lieu d’Amphi, cœur battant du dispositif de Mai 68 – Assemblée Générale. Il hébergera une riche programmation de conférences, de débats et de performances, dans une proximité et un échange avec le public.Les Nouveaux Ateliers Populaires : seront présents toute la durée de l’événement des étudiants d’écoles d’arts, des universitaires ainsi que des scolaires, rassemblés en neuf ateliers théoriques et pratiques, auxquels pourra participer le public.En coproduction avec les Beaux-Arts de, l’ENSAD Paris, la HEAD HES-SO de Genève, la Villa Arson à Nice, l’ESAD d’Amiens, l’ESAC de Cambrai, la HEAR de Strasbourg (Haute école des arts du Rhin) l’Université Paris Ouest-Nanterre, l’Université Paris VIII et le Collectif Fabrication Maison / éd. Passages en Images.

68, les archives au pouvoir / Archives nationales

Du 3 mai au 17 septembre. À l’occasion du 50e anniversaire de Mai 68, le Centre Pompidou propose une manifestation pluridisciplinaire souhaitant éviter la commémoration et la célébration de Mai 68, sans non plus tenter d’en faire le bilan. L’évènement s’interroge sur sa permanence et sa réactualisation, d’autant plus au Centre Pompidou, institution culturelle d’un nouveau genre dont la préfiguration germe au lendemain de 1968. Il y a de l’esprit de Mai dans ce Centre ouvert sur la société. Mai 68 – Assemblée Générale, c’est l’occupation permanente du Forum du Centre Pompidou sur plus de trois semaines sous forme d’expositions, de débats, de performances, des projections et des ateliers, le tout en entrée libre. Trois axes majeurs en structurent la programmation. Une fresque visuelle de 60 mètres de long sera le lieu d’une réinterprétation par le graphiste Philippe Lakits des slogans et des affiches de Mai 68 et une mise en valeur du fonds d’images du Centre International de Recherche sur l’Image Politique (CIRIP) d’Alain Gesgon. Cette tapisserie de Bayeux contemporaine replongera le visiteur dans le graphisme des Ateliers populaires, sans fétichisme. Il s’agit aussi de donner l’idée de l’impact des slogans de Mai dans une France sans journaux, radio ni télévision (en grève). Un lieu de débat, œuvre du designer Olivier Vadrot (coll. du Cnap) conçu en 2016 pour être une salle de conférence nomade, tiendra lieu d’Amphi, cœur battant du dispositif de Mai 68 – Assemblée Générale. Il hébergera une riche programmation de conférences, de débats et de performances, dans une proximité et un échange avec le public.Les Nouveaux Ateliers Populaires : seront présents toute la durée de l’événement des étudiants d’écoles d’arts, des universitaires ainsi que des scolaires, rassemblés en neuf ateliers théoriques et pratiques, auxquels pourra participer le public.En coproduction avec les Beaux-Arts de, l’ENSAD Paris, la HEAD HES-SO de Genève, la Villa Arson à Nice, l’ESAD d’Amiens, l’ESAC de Cambrai, la HEAR de Strasbourg (Haute école des arts du Rhin) l’Université Paris Ouest-Nanterre, l’Université Paris VIII et le Collectif Fabrication Maison / éd. Passages en Images.

Escif : Open Borders / Palais de Tokyo

Début mai, le 4 très exactement,  le Palais de Tokyo invite l’artiste Escif à déployer, sur la façade arrière de son bâtiment, une peinture monumentale sur laquelle il va reproduire les écritures qui accompagnaient les révoltes étudiantes de Mai 68 et les graffitis tracés clandestinement par les visiteurs dans les toilettes du Palais. Il va également déplacer en trompe-l’œil les éléments qui la composent (portes, escaliers de secours, drapeaux officiels).La composition générale de la peinture reprendra celle du jeu de société Serpents et échelles qui plonge le joueur dans un parcours entre vice et vertu. Une manière pour l’artiste de rendre à la rue le graffiti en questionnant la part de situationnisme et de politique qui anime l’action d’écrire sur les murs depuis les grottes pariétales jusqu’aux rues et souterrains actuels, tout en prolongeant la célèbre citation de Duchamp qui affirmait que « l’art est un jeu entre tous les hommes de toutes les époques. » Escif est né en 1980, il vit et travaille à Valence en Espagne. Issu d’une pratique de graffiti mêlée à une formation en école d’art, Escif s’invite dans l’espace public en peignant des muraux libertaires qui questionnent les luttes actuelles, les mouvements de résistance, les méfaits du capitalisme et les problématiques environnementales qui troublent notre époque. Il est intervenu notamment sur la façade du Musée d’Art Moderne de Valence (Espagne, 2017), au sein du musée Power Station of Art à Shanghai (Chine, 2016) ou encore dans le cadre du projet « Dismaland » organisé par Banksy à Weston-super- mare (Angleterre, 2015). Il réalise de nombreux projets dans des contextes urbains, toujours en contact direct avec le public et la réalité du quotidien. Escif travaille actuellement sur un projet monumental de reforestation par l’art d’une colline du golfe de Sapri, en Italie. Il a auto-édité en 2015 sa seconde monographie « Elswhere » et explique en détail ses projets sur son site streetagainst.com.

Mai 68, L’architecture aussi / Cité de l’architecture et du patrimoine

Du 16 mai au 17 septembre. Les directions que prennent l’architecture et son enseignement à partir du milieu des années 1960 sont multiples et les carrefours parfois dangereux. Les premiers troubles importants qui éclatent à l’École des Beaux-Arts autour de 1966 s’accompagnent d’une revendication des étudiants les plus avancés pour la Théorie « majuscule » avec, à la clé, un statut d’intellectuels reposant sur l’apport décisif des sciences humaines. L’engagement est politique – à gauche cela va de soi – mais aussi intellectuel, tendu vers le renouveau théorique. C’est l’heure du structuralisme spéculatif avec son « effet-logie » qui emprunte autant à la logique mathématique qu’à la linguistique. Conscients d’un changement inéluctable, les pouvoirs publics avaient bien tenté d’accompagner ce mouvement en élaborant un projet de réforme de l’enseignement que Mai 68 vient faucher. L’architecture et son enseignement se réinventent, hors du cénacle des Beaux-arts, dans des unités pédagogiques d’architecture (UPA) autonomes. La génération qui s’y forme, même si elle se fédère d’abord sur le rejet, crée de l’idéal et cherche à transmettre quelques références et représentations partagées.« Années tournantes », les années 1968 s’étirent jusqu’au vote, en 1977, d’une loi sur l’architecture qui relaie en partie l’agitation pionnière, déportant l’architecture vers le pôle de la qualité alors qu’elle était depuis la Reconstruction dominée par la quantité. L’exposition Mai 68. L’architecture aussi ! invite à revisiter ce champ des possibles, cette vingtaine d’années (1962 à 1984) qui vit le renouvellement de l’enseignement et accompagne celui de l’architecture, de l’urbanisme et des professions qui leur sont attachées. Le refus virulent de l’héritage ou tout au moins son évolution, l’engagement de ceux qui ont fait des années 1968 un moment de basculement, la réinvention des formes et des contenus pédagogiques qui s’en est suivie et enfin les hypothèses qui furent formulées pour la société et l’architecture, sont les grandes thématiques qui permettent d’analyser cette aspiration à faire de l’architecture autrement. L’exposition présentera près de 360 documents originaux (dessins, plans, photographies, maquettes, publications…)

 

 

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